La mémoire collective n’a retenu des pharaons que ceux d’Égypte. Car peu de personnes connaissent la dynastie des pharaons noirs. Ces souverains nubiens ainsi appelés pour les différencier de leurs envahissants voisins. Tour à tour adversaires et partenaires, Nubiens et Égyptiens se sont disputé la zone d’échange entre la Méditerranée et l’Afrique noire. Si l’histoire est riche de connaissances sur la civilisation égyptienne, elle l’est beaucoup moins de la civilisation méroïtique des pharaons noirs du Soudan. Pour Claude Rilly, égyptologue, professeur de langues anciennes et chercheur au CNRS, l’Égypte a créé les concepts religieux et culturels qui, par la suite, ont été utilisés par les gens de Méroé. La civilisation méroïtique, bien qu’elle ait des composantes vraiment d’Afrique noire, reste une civilisation découlant d’une ancienne colonie égyptienne . Il poursuit : L’écriture méroitïque a été découverte en 1821 par le Nantais Frédéric Cailliaud, celui-ci fut le premier à s’apercevoir qu’avec un sens de lecture inverse de l’égyptien, elle était vraiment très particulière. Il y a deux écritures méroïtiques. L’une, hiéroglyphique, rare et réservée à l’usage royal ou cultuel, l’autre cursive, employée par toutes les couches de la société. Les deux comportent vingt-trois signes. Ce n’est pas le bout du monde mais c’est souvent fort mal écrit. Malgré un nombre considérable de textes sur lesquels ont travaillé les sommités en la matière, il n’y a que les inscriptions funéraires qui aient été relativement bien comprises.